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Bouddhas de Birmanie : statuaire en Pierre
I Bouddhas
de Birmanie : statuaire en Pierre
Sylvia Fraser-Lu - Arts Of Asia 1981 - Traduit de l'anglais
1-Introduction
2-Royaume de Pyu
3-Périodes pré-Pagan
4-Période
Pagan
5-Période
Ava
6-Roayume d'Arakan 7-Période Mandalay
8-Période actuelle |
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1-Introduction
LA BIRMANIE a une tradition culturelle
qui remonte au moins à quinze siècles.
Le facteur majeur de cette tradition a été l'introduction du
bouddhisme venu de l'Inde il y a plus de 2000 ans. Le bouddhisme
a non seulement profondément imprégné la
vie, les idées, les moeurs et les aspirations des birmans, elle a aussi
fourni les thèmes d'expression de l'art et de l'architecture birmane.
À travers les temps les birmans, infatigables bâtisseurs
d'édifices religieux, avaient besoin de statues pour remplir
les salles et les sanctuaires.
Ainsi, la construction des pagodes,
temples et monastères fut un sol fécond pour la création
de somptueuses sculptures et statues.
La confection d'art religieux est un acte de foi et constitue un
acte méritoire,
ce qui explique également que des statues furent réalisées
en grand nombre.
Les birmans ont non seulement reçu leur religion de l'Inde,
ils sont devenus les héritiers d'une des plus glorieuses
traditions de l'art de la sculpture sur pierre que le monde ai
jamais connu.
Tous les styles de la grande sculpture bouddhique indienne
du Ve au XIIe siècle
trouvent un écho dans l'art birman. Ce n'est qu'à la fin du XIIe
siècle qu'un style local est devenu prédominant. Retour haut de page |
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2-Royaume de Pyu

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Les premiers éléments de civilisation en Birmanie peuvent être
attribués au royaume de Pyu. Fondé sur la rivière
Irrawaddy, il a prospéré entre le Ve et IXe siècle
de notre ère.
La plupart des premières représentations en pierre de Bouddha
relevant de cette période découvertes en Birmanie sont en
grès et viennent de Srikshetra, un site à cinq kilomètres
au sud de l'actuelle Prome.
Toutes tirent leur style de la période Gupta (AD 320-510) de l'Inde
du Nord, une époque de l'art remarqué pour sa monumentale
simplicité, le réalisme raffiné des visages et l'expression
d'un sentiment de calme intérieur et de tranquillité.
Les statues simples sont relativement rares dans l'art Pyu car il était
populaire à l'époque d'adorer des ensembles représentant
l'Exalté, ses fidèles et ses dévots.
La plupart prennent la forme de grandes sculptures de pierre en bas relief,
souvent admirables dans la conception et la réalisation. Certaines
portent des inscriptions Pyu sur la partie inférieure.
Malheureusement, en raison de leur âge et du vandalisme perpétré par
les chasseurs de trésors, celles qui ont été découvertes
ne sont pas dans un très bon état de conservation.
Sur la plupart de ces bas reliefs le Bouddha occupe la position centrale,
et est généralement montré assis soit dans la position
du lotus avec la plante des pieds vers le haut croisées sur les
cuisses, ou dans la position virasana (la posture du Héro)
avec la jambe droite sur la gauche.
Les mains montrent une plus grande variété de mudras (signes
en sanskrit), comparativement aux représentations moins anciennes,
allant du dhyana mudra de la méditation, avec les deux
mains reposant paume vers le haut dans le giron, au dharmacakra mudra de
l'enseignement, avec les doigts des deux mains se touchant sur la poitrine,
et abhaya mudra de l'absence de crainte, avec la paume de la main
droite tenue vers l'extérieur.
Le bhumisparsa mudra dite de la prise de la terre à témoin
est également répandue, mais dans de nombreux cas, le bras
droit (ou parfois la gauche) s'étend vraiment sur le côté avant
de toucher le sol, au lieu de plonger droit de l'épaule sur le tibia
tel que dans les représentations ultérieures.
La tête est généralement entourée d'une auréole.
Malheureusement, dans de nombreux cas, le visage a été brisée,
de sorte qu'il n'est pas toujours possible de distinguer les traits.
L'usure à la surface de la sculpture rend également le drapé des
vêtements difficiles à distinguer. |
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de page
Le reste du bloc est habituellement rempli de disciples
et de bodhisattvas.
Parfois, il peut être décoré avec un motif très populaire
indien, un makara (animal mythologique ressemblant à un crocodile ayant
une trompe d'éléphant) soutenu par un lion, debout sur un éléphant.
Ce motif est récurent pour les périodes Pyu et Pagan.
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En dehors de scènes du Bouddha et de ses adeptes, les
célèbres épisodes
de sa vie sont souvent représentés notamment les Huit Grandes Scènes
: sa Naissance de la hanche de sa mère à Lumbini; l'Illumination
sous l'arbre de la Bodhi; le Premier Sermon au parc des cerfs de Sarnath; la
Soumission de l'Elephant Nalagiri que ses ennemis ont envoyé pour le tuer;
le Double Miracle ou le Bouddha fait sortir de son corps des flammes et de l'eau
et fait apparaître des représentations de lui dans le ciel; le Séjour
dans la forêt de Parileyyaka où il accepte le don d'un nid d'abeille
d'un singe; la Descente des cieux de Tavatimsa où il est allé prêcher
l'Abhidhamma à sa mère; et sa mort ou Parinirvâna.
Ceux-ci sont reproduits en suivant strictement les conventions indiennes et sont
instantanément reconnaissables pour les fidèles.
Quelques excellents exemples du Première Sermon ont été récupérés
près de Srikshetra.
La scène peut être identifiée par la présence d'une
roue entre deux cerfs couchés sous le Bouddha, assis dans la position
de l'enseignement.
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3-Périodes
pré-Pagan
D'autres représentations birmanes très
anciennes en pierre d'avant la période de Pagan (AD
1044-1287) sont connues pour venir de l'Arakan sur la côte
ouest de la Birmanie, qui, jusqu'à sa conquête par
le roi birman Bodawpaya en 1785, a une longue histoire qui lui
est propre.
Des statues ont été retrouvées à Dinnyawaddy
(A.D.
146-788) et à Vesali (A.D. 788-957), deux des plus anciens royaumes du
nord de l'Arakan.
Comme le reste de la Birmanie, l'Arakan reçu le Bouddhisme venu de l'Inde
et développa au fil des siècles un style légèrement
différent qui lui est particulier.
Le plus ancien exemple connu de sculpture bouddhiste découvert en Birmanie
est une représentation en grès originaire de Kyauk-taw, le site
de la célèbre pagode Mahamuni. Elle est à présent
au Musée de Mrauk-U.
Stylistiquement elle pourrait remonter au début du Ve siècle.
Elle représente le Bouddha assis le genou droit légèrement
relevé sur un trône carré sans ornements avec les mains faisant
le geste dharmacakra de la prédication.
Un homme richement paré est assis à ses pieds.
La tête de cette représentation de Bouddha est en meilleur état
que celles des vestiges de Pyu. Comme elles, elle montre une forte influence
Gupta dans le long nez, la bouche pleine, les boucles en grain de poivre et les
oreilles allongées s'arrêtant juste en deçà des épaules.
Dans la région côtière de Ramannadesa
(Thaton), foyer des anciens Mons de Birmanie qui colonisèrent
une grande partie de la Thaïlande et du Cambodge actuels du
VIIe au IXe siècle de notre ère, quelques belles
représentations sous la forme de stèles ont été datées
antérieures à la période de Pagan.
Malheureusement, nombre d'entre elles sont endommagées ou ont été restaurés.
Les représentations ont presque taille humaine et montrent une grande
maîtrise du modelé.
En plus de l'influence Gupta, des influences du style du sud de l'Inde sont perceptibles
dans certains sculpture.
Le personnage principal est en haut-relief, presque en ronde bosse, tandis qu'à l'arrière-plan
les scènes sont en relief écrasé ou en léger bas
relief.
Les thèmes représentés sur pierre, comme ceux de Srikshetra,
sont tirées des Huit Grandes Scènes.
À Tadagale, à proximité de
Rangoon, une fouille en 1937
a révélé les restes érodés de cinq Bouddhasen
latérite, chacun d'environ deux pieds de haut (60cm), assis les jambes
croisées
en dhyana ou bhumisparsa mudra sur de hauts trônes se
détachant
contre un fond.
On suppose qu'ils datent d'une époque se situant entre le Ve et le XIe
siècles de notre ère.
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4-Période
Pagan
Pagan, la plus glorieuse période artistique
dans l'histoire de la Birmanie, a également été un
moment fort de sculpture sur pierre.
Le grès gris était extrait des collines avoisinantes et transformé en
stèles de quatre pieds (120cm) de haut où le Bouddha était
sculpté en haut-relief se détachant contre un fond, parfois simple
mais souvent décorée de motifs architecturaux, d'animaux et de
motifs végétaux.
Cette statuaire, qui montre une forte affinité avec l'art Pala-Sena du
Bihar et celui du Bengale du VIIIe au XIIe siècle, décrit généralement
des scènes de la vie de Bouddha, la scène de l'Illumination prévalant
sur toutes les autres.
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Le Bouddha est montré assis, des
pieds délicatement ciselés, dans la position
de lotus.
La main droite, qui présente des doigts de longueurs différentes,
plonge de l'épaule et tombe tout droit sur la partie supérieure
du tibia pour toucher le trône devant le genou.
La main gauche est détendue, dans le giron, la paume tournée vers
le haut.
Les mudras dharmacakra et dhyana, bien que parfois représentées,
sont moins populaires que dans les représentations de la période
Pyu.
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La robe monastique, dans la plupart des cas, se dessine légèrement
sous le sein droit et culmine par un pan rabattu sur le sein
gauche.
Une ligne est visible à la taille au-dessous du nombril, ainsi que les
lignes d'un double ourlet ondulant autour des chevilles.
Pour certaines statues les seuls signes de vêtements sont des lignes autour
du cou et des poignets.
Le visage Pagan type est de forme ovale à triangulaire avec un menton
légèrement pointu.
Les sourcils arqués se rejoignent presque à la racine du long nez
aquilin.
Les yeux mis-clos regardent légèrement vers le bas.
La bouche, figée dans un demi sourire, est petite mais bien définie,
la lèvre supérieure étant légèrement plus épaisse
que la supérieure.
Dans certains cas, le front est marqué par une marque dite urna (une
des marques de la bouddhéité).
Les lobes des oreilles de forme allongée touchent presque les épaules.
La tête est couverte de rangées de petites boucles en spirale, formant
parfois une légère en pointe au milieu du front, se terminant par
une petite flamme au dessus d'une protubérance crânienne (usnisha)
qui se trouve placée légèrement à l'arrière
du centre du crâne.
Le cou qui porte trois lignes distinctes et surmonte un corps tout en rondeur
au niveau des épaules, mais allant s'affinant jusqu'à la taille étroite.
Ces sculptures sont supportées par un double trône lotiforme présentant
des pétales bien définis et profondément sculptés.
Durant la période de Pagan, le Bouddha est l'unique représentation
ou bien il fait partie d'une série d'histoires illustrant les nombreux événements
marquants sa vie.
Lorsque représenté dans une scène, le Bienheureux est de
loin le plus grand personnage.
Il peut être assis, debout ou couché selon ce que l'histoire commande.
Les autres personnages clés sont soit représenté autour
de lui, beaucoup plus petit en taille et en relief inférieur, soit dans
une prédelle sous le Bouddha.
Ces statues étaient généralement présentées
par séries, placées dans des niches dans les couloirs principaux
des temples.
La plus connue est celle du temple Ananda qui en possède une série
de quatre-vingt, retraçant picturalement dans le détail la vie
du Bouddha depuis sa conception jusqu'à son Illumination.
D'autres temples comme le Kyaukku Ohnmin, le Nagayon, Minkaba Kubyaukgyi et la
Minpyagu possèdent également de moins importantes, et hélas,
moins bien préservées séries de sculptures de la vie du
Bouddha.
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Un autre héritage de l'art Pala
peut être vu
délicatement
sculpté sur des tablettes de dolomite (en birman: Andagu), où sont
représentées sur le même bloc les Huit Grande Scènes
de la vie du Bouddha.
Certaines, en plus des Huit Scènes, comprennent également les Sept
Sites autour de l'arbre Bodhi pour faire bonne mesure.
Leur taille varie de trois à huit pouces de hauteur (7 à 20cm).
Elles sont tellement finement sculptées
que le jeu d'ombre et de lumière évoque
le filigrane.
Les Huit Scènes représentées, en commençant au sommet
dans le sens des aiguilles d'une montre, sont les suivantes:
Le Parinirvâna,
La Descente du Tavatimsa,
Le Double Miracle,
Le Séjour dans la Forêt Parileyyaka,
La Nativité,
Le Premier Sermon,
La Soumission de l'Eléphant Nalagiri.
L'ordre des scènes peut varier légèrement.
Le trône du Bouddha est supporté de chaque côté par
deux gracieux Nagas (serpent roi).
La plupart des Andagu ont été retrouvés dans le district
de Pagan, tandis que d'autres ont été retrouvés en Haute
Birmanie et aussi loin qu'en Arakan.
Vers la fin de la période de
Pagan, le déclin du bouddhisme en Inde provoque une
réduction du contact entre les deux pays.
Un style nettement local commence à se développer, qui deviendra
la norme pour les représentations ultérieures.
Dans ce style la tête devient plus grande en proportion
par rapport au corps.
Le visage est plus large et arrondi.
Les boucles présentent moins de relief et, dans certains cas, la chevelure
est seulement indiqué par une ligne encadrant le visage.
Sur le visage plus large, les yeux apparaissent plus qu'à moitié fermés.
Le nez est également moins aquilin, tandis la bouche est plus arquée.
La tête, sur un cou raccourci, penche légèrement vers l'avant.
Les oreilles sont plus épaisses et touchent un torse plus massif.
Les pieds dans la position de lotus sont à peine dessinée et
les doigts sont de longueur uniforme.
Le vêtement, toujours léger, est indiqué par un simple
rabat au travers de l'épaule gauche et par des lignes aux poignets et
aux pieds.
Beaucoup de représentations sont désormais en ronde bosse, et
non sous forme de stèles. La position de la prise de la terre à témoin
est devenue la pose la plus populaire.
Vers la fin de la période de Pagan, le déclin du bouddhisme
en Inde provoque une réduction du contact entre les deux pays.
Un style nettement local commence à se développer, qui deviendra
la norme pour les représentations ultérieures.
Dans ce style la tête devient plus grande en proportion
par rapport au corps.
Le visage est plus large et arrondi.
Les boucles présentent moins de relief et, dans certains cas, la chevelure
est seulement indiqué par une ligne encadrant le visage.
Sur le visage plus large, les yeux apparaissent plus qu'à moitié fermés.
Le nez est également moins aquilin, tandis la bouche est plus arquée.
La tête, sur un cou raccourci, penche légèrement vers l'avant.
Les oreilles sont plus épaisses et touchent un torse plus massif.
Les pieds dans la position de lotus sont à peine dessinée et
les doigts sont de longueur uniforme.
Le vêtement, toujours léger, est indiqué par un simple
rabat au travers de l'épaule gauche et par des lignes aux poignets et
aux pieds.
Beaucoup de représentations sont désormais en ronde bosse, et
non sous forme de stèles. La position de la prise de la terre à témoin
est devenue la pose la plus populaire.
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5-Période
Ava
Au cours de la période Ava (1364-1752), un siècle
environ après les bouleversements qui ont suivi la chute
de Pagan, ce style s'est développé plus avant.
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Les meilleurs exemples sont en marbre blanc, devenu le matériau
de prédilection à partir
du XVIIe siècle, bien que des représentations ont continué d'être
réalisées en grès.
Dans la statuaire en marbre blanc le visage est de forme un peu carrée
et une étroite bande peinte marque la division entre le front et la chevelure.
L'usnisha se présente sous la forme d'un cône tronqué court
parfois surmontée d'un bouton de lotus final.
Le crâne peut être lisse ou bien rehaussé des restes de petites
boucles en laque.
Les sourcils placées haut sur le front, sont devenus très amples
et arqués.
La distance entre les yeux à demi-fermés au regard baissé est
plus importante que dans les représentations antérieures.
Le nez est très long avec des narines nettement définies.
La bouche, proche du nez, est mince et figée dans un sourire en demi-lune.
La surface du menton est importante.
Le visage tendant à être un peu plat avec peu d'efforts pour suggérer
l'ossature faciale sous-jacente, des caractéristiques telles que les sourcils,
les paupières et la bouche sont soulignées par la sculpture et
la peinture.
Le cou est court et mince, tandis que les oreilles se courbent vers l'intérieur
au niveau du menton puis vers l'extérieur pour toucher les épaules.
Comme pour les représentations les plus tardives de Pagan, la pose la
plus répandue montre le Bouddha assis dans la position du lotus avec la
main droite dans la mudra de la prise de la terre à témoin.
La main gauche est habituellement légèrement soulevé au-dessus
du giron, soutenue par une petite portion de la pierre que le sculpteur laissait
sous le poignet.
De temps à autre il y a aussi une petite pièce de pierre laissée
entre le pouce et les doigts de la même main.
Une double rangée d'incisions est généralement utilisée
pour indiquer l'ourlet et les ondulations du vêtement.
Des représentation ont continué d'être réalisés
dans ce style pendant une bonne partie du XIXe siècle.
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6-Royaume
d'Arakan
Au même moment que la période d'Ava, l'Arakan a connu la dernière
et la plus glorieuse époque de son histoire en tant qu'état indépendant.
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Sa capital Mrauk-U, fondée
en l'an 1430, s'agrémente de plusieurs remarquables temples
de type forteresse construits par le roi Minbin (1531-1553) et
par ses successeurs.
Ces temples étaient remplis de statues en grès de Bouddha présentant
des caractéristiques bien particulières.
Les principales représentations mesurent environ 5 pieds (150cm) de haut,
sans compter leur piédestal en forme de trône.
Le visage est plutôt rond avec une mâchoire ayant tendance à être
rectangulaire.
Le front est plus large que haut, le visage étant le plus large au niveau
des yeux.
Les sourcils forment des arcs semi-circulaires au-dessus des
paupières abaissées, protégeant les yeux
qui fixent droit devant.
Le grand nez triangulaire a une arrête droite et se termine par des narines
enflammées.
Les lignes sous les narine se prolongent jusqu'à la bouche très
définie,figée dans un sourire, au-dessus d'un menton bien arrondi
légèrement en saillie.
Les oreilles sont grandes, en particulier dans leur partie supérieure.
Elles ne touchent normalement pas les épaules qui soutiennent un cou épais.
La tête est généralement couverte de petites boucles et surmontée
d'un usnisha en forme de petit pain rond.
L'Eveillé est assis avec la main droite dans la position de la prise de
la terre à témoin; les doigts sont habituellement de la même
longueur et touchent le tibia.
Le bras gauche dans le giron est souvent soutenu par une petite portion de pierre
comme pour les représentations de la période Ava.
Contrairement à la période Ava, les jambes sont disposées
la droite sur la gauche dans la position virasana. Les pieds sont généralement
taillés de manière approximative, celui de gauche étant
souvent à peine dessiné.
L'habillement varie d'un vêtements serré en haut qui laisse l'épaule
droite et le bras découverts, à une évocation de ce dernier
rendu à peine visible en dehors d'une ligne au niveau du cou et de la
taille.
Beaucoup de ces statues sont montées sur de hauts trônes indentés
de pierre finement sculptée de décors floraux et rehaussés
de reliefs vivants de figures humaines et animales.
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7-Période
Mandalay
Vers la fin du XVIIIe au début du XIXe siècle, un
nouveau genre de représentations du Bouddha appelé le
style "Mandalay" voit le jour.
Dans ce style le visage ovale est séparé de la chevelure
par un bandeau qui peut être laqué et incrusté de
verroteries.
La tête est marquée par des rangs en léger relief de petites
boucles.
Un usnisha épais, rond et charnu siège au centre du crâne.
Il n'y a pas de flamme terminale.
L'arche des sourcils est très naturel et les yeux sont de type légèrement
Mongol.
Il y a parfois un urna entre les sourcils.
Le nez est relativement proéminent et la bouche, figée dans un
sourire à la "Mona Lisa", est plus grande et les lèvres
plus épaisses que dans les représentations antérieures.
Les oreilles sont plus étroites que dans le style Ava, mais elles restent
courbée vers l'extérieur lorsqu'on regarde le visage de
face.
Les doigts et orteils ne sont pas toujours d'égale longueur.
Le vêtement présente de lourds plis ondulants rappelant les drapés
de la statuaire bouddhique chinoise.
Un pan plus en relief de la robe est rabattu sur l'épaule; son extrémité se
termine souvent dans un motif en forme de queue de poisson.
Dans ce style le Bouddha apparaît assis, debout ou bien couché.
A
partir du milieu du XIXe siècle, plus d'innovation se
glisse dans le style des sculptures de marbre.
Des représentations couronnées élaborées possédant
des tiares de 5 à 7 couronnes superposées et des parures latérales
ajourées sont devenus populaires, de même que des statues du Bouddha
au repos dans les anneaux d'un serpent. Retour haut de page

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8-Période
Actuelle
Le marbre continue d'être le
matériau de prédilection aujourd'hui, alors que l'art
de la statuaire en grès semble avoir disparu.
On peut encore voir des sculpteurs à l'œuvre dans la banlieue de
Mandalay sur la route de Amarapura, façonnant habilement pour les fidèles
des sculptures de marbre qui provient de la zone de Sagyin, vingt-deux kilomètres
au nord de Mandalay.
Certaines sont gravées de texte par les donateurs, tout
comme l'on fait leurs ancêtres à travers les âges,
avec des mots tels que : «
Je, (nom), ai fait réaliser cette image du Bienheureux afin
de
pouvoir atteindre la Délivrance. Puissent les Dieux les Devas et les
hommes partager mon mérite."

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